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Au cœur des longues nuits
Sous les regards figés
D’un cobra empaillé
Et d’un Bouddha assis,

Je quitte ma substance
Abandonnée au sommeil
Pour franchir le seuil
De l’inconscience.

Je n’ai plus de corps !
Et pourtant, pourtant,
Je ne suis point mort.
Je ne ressens nul tourment
Moi qui entend sans oreilles
Moi qui contemple sans yeux
Des spectacles merveilleux
À nuls autres pareils.

Une comète me frôle, m’entraînant
Dans son sillage étincelant
Vers les profondeurs infinies
Du cœur de la galaxie.
Guides de mon voyage spatial :
La lointaine Bételgeuse,
Sirius la lumineuse,
Joyaux peut-être déjà éteints
Sur l’infini écrin
Du noir sidéral

Ébloui par tant d’enchantements
J’en oubliais que sœur Céleste
Et Chaos son frère jumeau,
En perpétuel inceste
En éternel affrontements,
Engendrent de terribles maux.

RIEN N’ÉCHAPPE AU TEMPS
De tous les dieux le plus puissant
Ainsi meurent même les soleils
Usés par les millions de millénaires
Dans l’apothéose vermeille
D’un déchaînement thermonucléaire.

Perdus dans l’immensité
Les petits pulsars
Et les redoutables trous noirs
Témoignent de toute éternité
Des drames qui se jouent dans un univers
Où même les étoiles sont éphémères…

Que dire de nos existences,
Pauvres petites crottes organiques
À peine douées de conscience ?
Que dire de notre orgueil pathétique ? …

Lorenz von Oberbruck